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Peter Oswald : Hook / Hameçon

Nous publions ci-dessous un poème de Peter Oswald (suivi de sa traduction en français), paru pour la première fois dans le numéro 5 du Black Herald (mai 2015). On trouvera aussi, dans ce même numéro et du même auteur, une courte pièce intitulée Draft (et sa traduction française, Brouillon).


Dramaturge, comédien et poète britannique, Peter Oswald a été Auteur en résidence au Shakespeare’s Globe de 1998 à 2005 ; ses pièces en vers ont été jouées au Shakespeare’s Globe, au National Theatre, dans le West End, à Broadway et dans de nombreux pays. Il est l’un des membres fondateurs de la compagnie Abyss Theatre, le co-fondateur de la Columbina Theatre Company et du Liminos Project. Il a publié plusieurs recueils poétiques – Dyad, avec Sean Borodale, A Reply to the Light, Weyland, Three Folktales (Letterpress) et Sonnets of Various Size (Shearsman), et plusieurs de ses pièces, dont Augustines Oak, ont été publiées par Oberon Books. https://peteroswald.net



We publish below a poem by Peter Oswald (alongside its French translation), which first appeared in issue 5 of The Black Herald (may 2015). In the same issue, we had also published a short play by Peter (Draft), also translated into French.


Peter Oswald, poet, playwright and performer, was Writer in Residence at Shakespeare’s Globe from 1998 to 2005; his plays, in verse, have been performed there, at the National Theatre, in the West End, on Broadway and around the world.

He is a founder member of The Abyss Theatre Company, the co-founder of Columbina Theatre Company and The Liminos Project. His poetry collections are: Dyad, with Sean Borodale; A Reply to the Light; Weyland (a long poem, published by Oberon Books), Three Folktales, (Letterpress) and Sonnets of Various Size (Shearsman). Several of his plays are published by Oberon Books. https://peteroswald.net


Hook


There is a hook that drags me by a line

Up to the deep. Days I can push upstream

Or delve awhile into the murk again,

As the line loosens—but the iron remains,

Snaps straight the loops of my long wanderings,

Trains my pond sight on the downgazing grey

Wavering fisheye where pale shapes whose wings

Are shadows, shift. Trues to the stream my lines,

And lifts my chin. My mouth is twisted then

Into a half-laugh. Nothing I can try,

Having no counter-argument that weighs

More than what makes me light. So, trimmed and tamed,

As the oiled waters open vulva-wise

Around my seal head, catch or friction none

Between my skin and what I’m in, slipped from

The lake I would have loved if there was time,

I rise into the deep.



Hameçon


Un hameçon m’entraîne au bout d’une ligne

Là-haut vers le fond. Certains jours je peux remonter le courant

Ou à nouveau m’enfouir un instant dans les ténèbres,

Cependant que la ligne se détend – mais demeure le fer,

Casse net les méandres de mes longues errances,

Dirige ma vue fangeuse sur l’œil de poisson gris, ondoyant et

Fixé vers le bas où de pâles formes dont les ailes

Sont des ombres, remuent. Oriente au fleuve mes lignes,

Et relève mon menton. Ma bouche se tord alors

Dans un demi-rire. Toute tentative serait vaine,

Dépourvu que je suis d’un argument contraire qui pèse

Davantage que ce qui fait ma légèreté. Ainsi, ajusté et dompté,

Tandis que les eaux huilées s’ouvrent comme vulve

Autour de ma tête de phoque, n’en attrape ou n’en frotte aucun

Entre ma peau et ce qui m’enveloppe, échappé

Du lac j’aurais aimé si j’en avais eu le temps,

Je m’élève dans les profondeurs.

© Peter Oswald / Blandine Longre pour la traduction, 2015.