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De suc & d'espoir

With Sap & Hope

JOS ROY

recueil bilingue - bilingual collection

translated from the French by Blandine Longre and Paul Stubbs

Isbn 9782919582082 – 2014 – 54 pages – 10 €

en cours de réimpression (2021)

soon to be reprinted

Si la poésie de Jos Roy nous confronte à la difficulté et au paradoxe, elle déploie aussi un mode d’expression empreint de vérités inaliénables. Ces poèmes obliques s’éclaircissent pourtant à l’aune de secousses surnaturelles et d’élans de pensées qui restent encore à discerner. Rien n’y est vague cependant, rien n’y est laissé au hasard. Ils englobent tout ce qui, au cœur du langage, échappe à l’expérience humaine et nous en sépare ; et tandis que la puissance et l’éloquence de chaque poème découlent de sourds tumultes verbaux, des dialogues en ellipse surviennent d’entre les mots, d’entre les images, révélant une voix d’une pureté et d’une complexité comparables à une prière. La voix désincarnée de Jos Roy nous conduit ainsi vers un lieu « où le monde claque net / comme un chant de bataille / où chaque ombre bascule vers sa clairvoyance ».

 

If Jos Roy's poetry confront us with difficulty and paradox, then they also develop a mode of utterance replete with inalienable truths. These oblique poems unravel full of unworldly jolts and as yet undiagnosed pulses of thought. Nothing in them though is vague, nothing left to chance. They encompass all of what in language escapes and separates us from human experience; and while the power and pathos in each poem arises via latent word-storms, the elliptical dialogues occur in-between word and word, image and image, to reveal to us a voice as pure and complex as prayer. The poet’s disembodied voice thus leads us to a place ‘where the world snaps neatly / like a battle song / where every shadow tilts towards its own clear-sightedness’.

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Sur le blog / on the blog

https://www.blackheraldpress.com/blog/tags/jos-roy

Jos Roy est née à Bidart. Elle écrit depuis une vingtaine d'années des textes qui ont été publiés sous forme de recueils et qui ont alimentés blogs et revues. Elle est responsable d'une revue pyrénéenne, poétique et plurilingue : Touroumbouroum. Par les mots, elle construit son arche de liberté et s'attache à célébrer les petits événements, les minuscules faits de nos vies fragiles.

Son dernier ouvrage : & dedans quantité de soleils (2021).

Jos Roy was born in Bidart, in the French Basque region. For the last twenty years, she has written texts published in collections and that have appeared in various magazines and on blogs. She is the editor of a Pyrenean, multilingual poetry magazine, TouroumbouroumThrough words, she builds up her ark of freedom and endeavours to celebrate small events, the minute facts of our fragile lives.

Her latest poetry book: & dedans quantité de soleils / & inside, a great many suns (translated from the French by B. Longre & P. Stubbs, 2021).

à propos de l’ouvrage

“C’est peut-être, dans ce magnifique court recueil (20 poèmes) d’une incroyable densité ce qui m’impressionne le plus et que je préfère : ce travail constant de la matière, forme et fond, ce rapport à la fois sensuel et énergique au palpable, à ce qui « grouille & / se débat » (p. 24), à ce « quelque chose à cueillir dans la foison / des vies » (p. 30) – car tout est vie, dans cet univers très personnel, même le plus mort, en apparence, tel ce fossile (p. 24) que ranime la parole poétique : « je lui parle / et j’observe ses charpentes frissonner absorber / recomposer ce que devant moi il présente / réordonnancer le monde depuis les paroles qui naissent du corps-mien ». Rien de facile, rien qui ne déconcerte : poésie de très haute exigence, au goût de solitude, écrite, on le sent bien, à l’écart des mondanités urbaines, méditative, tout à la fois violente et tendre pour les choses, ciselée.”

Lionel-Edouard Martin (mai 2014)

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“Pas un mot qui ne soit pas à sa place sur ces pages : Jos Roy parvient là à faire coïncider ce qu’était et devrait demeurer le poème, c’est-à-dire une parole chantée, avec sa trace physique et sonore sur la fine épaisseur de la page, « tempsclouéd’espace ». La poète nourrit son œuvre des couches mémorielles et du cortège terrestre et céleste, et lui donne en cela toute l’épaisseur, la moelle, la chair même qu’elle convoque (au sens fort) dans le dernier poème du recueil : « à la fin / sous le texte / percé des clavicules / on observe les os la fine épaisseur / de viande la très fine / épaisseur d’histoire / l’infime épaisseur du lieu ». Infime, très fine épaisseur, oui, mais épaisseur d’un « mur [qui] s’étage » et n’étouffe pas le feu de la parole.”

Claire Laloyaux (mai 2014)

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« Après avoir fait découvrir aux lecteurs français les textes du poète écossais W.S. Graham, les éditions Black Herald publient De suc & d’espoir, un premier et très beau recueil de Jos Roy. Un ensemble composé d’une vingtaine de poèmes denses et incarnés, d’une écriture qui fouaille la langue, la laisse grouiller, proliférer, se replier et se rapetisser pour se clapir au plus dense de la matière, et bourgeonner, irradier enfin en “trépignement de carbone”. Tout est dans le titre, concentré dans le suc, expansé dans l’espoir, “plaie d’infini” faite d’éclat et d’esquive… »

Romain Verger (mai 2014)

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Rien n’est acquis, rien n’est simple. Si « on conçoit un / lieu commun », loin des clichés rassurants, il aura quelque chose à voir avec la sauvagerie et l’exil. Le langage poétique de Jos Roy, dans sa complexité, sa densité, dans ses spirales, ses allers-retours, nous rappelle que le « voyage », s’il vaut la peine d’être vécu, n’est pas toujours de tout repos, et qu’il faut compter avec « la valeur brute du chant ».

Jean-Pierre Longre (juin 2014)

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“Reste la promesse. Et un livre de poèmes peut précisément non pas l’accomplir mais la susciter, l’émouvoir en un souffle. Car la promesse n’est pas tout à fait de ce monde, à moins qu’elle ne soit « la matière du monde / animée d’un tremblement de lèvre » comme l’écrit Jos Roy, dans De suc & d’espoir. (…) C’est une typographie livrant bataille qui interfère sur la page d’écriture de Jos Roy : poésie pour l’œil, agglutinant les mots, les composant « gouttàgoutte », et d’un même tenant poésie de bouche à oreille, trouvant à emplir cette voix de tous les signes d’oralité (ponctuation, coupes des vers…) pour que la traverse l’adresse (l’« appel ») qui hante De suc & d’espoir…”

Patrice Beray (Mediapart, juin 2014)

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“Elle hèle, avec grâce, tour à tour, la pensée, le rêve, l’être, la forcemuette en somme. Elle invoque « la formecontre qui contre & pousse où pousse l’appel quelque part retiré dans la gorge ». Elle fouaille l’esprit de sa dévorante poésie. Verve d’une ardente douceur dans laquelle se perçoit tantôt une pudeur ou une fragilité. Souvent même sa voix semble se briser, comme une vague sur la grève. Un sanglot en reflux. Nul atermoiement, nulle mièvrerie, sans sucrerie, ni complainte. Son poème se situe aux antipodes de la pesanteur. (…) La dame basque a la jouissance rebelle, le goût des lettres fiévreuses, de la langue indomptée. Existence enracinée dans les marges, aux horizons émancipés, au verbe dévergondé par l’emblématique esperluette chère au poète et écrivain américain E. E Cummings bientôt convoqué au détour d’un vers de saison. Canal historique. Lignée revendiquée.”

Zoé Balthus (septembre 2014)

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