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En couverture / Cover image

Arthur Rimbaud dans un jardin de bananiers, au Harar. Autoportrait, 1883.

Source : Bibliothèque nationale de France.

Le Double Rimbaud

The Double Rimbaud

VICTOR SEGALEN

ouvrage bilingue - bilingual book

translated from the French by Blandine Longre and Paul Stubbs

Isbn 9782919582303 – 2022 – 72 pages – 14 €

Dans cet essai majeur, paru pour la première fois en 1906, le poète Victor Segalen sonde la dualité en apparence contradictoire d’Arthur Rimbaud, pour qui il nourrit une véritable obsession et dont l’œuvre (de même que le silence à venir) le hantera des années durant. Tout en dévoilant les deux Rimbaud qui l’intéressent par-dessus tout, l’écrivain et l’aventurier, le voyant et le hors-la-loi, Segalen aspire à superposer son ombre à celle de Rimbaud et à franchir les limites de son propre esprit afin de faire face aux deux voies, imaginaire et réelle, empruntées par l’autre poète.

In this seminal essay, first published in 1906 and available in English for the first time, the poet Victor Segalen explores the seemingly contradictory doubleness of Arthur Rimbaud, a poet he was obsessed with and whose work (and subsequent silence) haunted him for years. While disclosing the two Rimbauds that most interested him, the writer and the adventurer, the seer and the outlaw, Segalen aims at overlapping his own shadow with Rimbaud’s and walking beyond the signposts of his own mind so as to confront the two roads taken by the other poet, the imaginative one and the real one.

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« Sans doute, le poète s’était déjà, par d’admirables divagations aux routes de l’esprit, montré le précurseur du vagabond inlassable qui prévalut ensuite. Mais celui-ci désavoua l’autre et s’interdit toute littérature. Quel fut, des deux, le vrai ? Quoi de commun entre eux ? Pouvait-on, les affaires bâclées et fortune faite, espérer une floraison, un achèvement ou un renouveau des facultés créatrices ? Cela reste inquiétant de duplicité. »

 

‘Admittedly, through admirable ramblings on the roads of the mind, the poet had already proven to be the precursor of the tireless vagabond who prevailed afterwards. But the latter disowned the former and abstained from all literature. Which, of the two, was the true one? What did they have in common? Once business had been swiftly dealt with and a fortune made, was there hope for a flowering, a completion, or a renewal of the creative faculties? This remains disturbingly duplicitous.’

 

Né à Brest en 1878, Victor Segalen reçoit une formation de médecin de marine avant d’entamer une vie d’écrivain et de voyageur, s’embarquant d’abord pour Tahiti en 1902 en passant par New York et San Francisco ; il séjourne ensuite à Ceylan et à Djibouti avant de rentrer en France, où son premier ouvrage, Les Immémoriaux, roman-essai inspiré de son expérience polynésienne, est publié en 1907. C’est en 1908 qu’il entame l’étude du chinois à l’École des Langues orientales et au Collège de France, où le sinologue Édouard Chavannes va aussi l’initier à l’archéologie. En tant qu’officier de marine, il est alors envoyé en Chine comme élève-interprète ; là, entre 1909 et 1917, il organise trois expéditions archéologiques, lesquelles lui inspireront Stèles (1912), seul recueil poétique publié de son vivant. Pendant la Grande Guerre, il ne peut se rendre sur le front en raison de sa mauvaise santé et sert à l’hôpital maritime de Brest avant d’être lui-même hospitalisé pour surmenage et dépression. Le 23 mai 1919, son corps sans vie, blessé au talon, est découvert dans la forêt de Huelgoat. Hormis Les Immémoriaux et StèlesPeintures (1916) fut le seul autre ouvrage publié de son vivant. 

Born in Brest in 1878, Victor Segalen trained as a naval doctor before starting the life of a traveller and a writer, first embarking for Tahiti via New York et San Francisco; he then stayed in Ceylon and Djibouti before returning to France, where his first book, Les Immémoriaux, an essay-novel inspired by his Polynesian experience, was published in 1907. In 1908 he began to study Chinese at the École des Langues orientales and the Collège de France, where the sinologist Édouard Chavannes introduced him to archaeology. As a navy officer, he was then sent to China as a student-interpreter; there, between 1909 and 1917, he organized three archaeological expeditions, which inspired him to write Stèles (1912), the only poetry collection published in his lifetime. During the Great War, unable to go to the front due to bad health, he was appointed to the maritime hospital at Brest before being hospitalized as he suffered from mental fatigue and depression. On May 23rd, 1919, his lifeless body was discovered with a wound in the heel in the Huelgoat Forest. Apart from Les Immémoriaux and StèlesPeintures (1916) was the only other book published in his lifetime.

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